descriptionL'Élan (Alces alces), appelé Orignal en Amérique du Nord, est la plus grande des espèces de cervidés.
L'orignal est le nom de l'élan d'Amérique du Nord. L'origine du nom « orignal » vient du mot basque oreinak, pluriel d'orein, qui se prononce /oɾejñak/ et signifie « les cervidés » ou « les rennes ». Samuel de Champlain le nommait orignac car aux premières années des colonies, les premiers colons français l'auraient appris des Basques qui venaient régulièrement pêcher la morue et la baleine sur les côtes du Labrador et les abords du fleuve Saint-Laurent.
L'élan dispose de narines obturables sous l'eau. Sa mâchoire supérieure proéminente lui permet d'écorcer les troncs.
Mue printanière de l'élan. Le pelage d'hiver tombe au profit d'un pelage plus brun et ras. ces poils et ceux d'autres animaux sont utilisés par des oiseaux ou micromammifères pour faire leur nid
Si l'élan est aujourd'hui le plus grand des cervidés, il a longtemps été dépassé en taille par le cerf mégacéros, qui l'a côtoyé durant la Préhistoire. Tous deux chassés par l'homme, le mégacéros a totalement disparu, tandis que l'élan a peu à peu été confiné en zone circumpolaire.
La domestication d'élans semble ancienne. Les Iakoutes de Sibérie l'ont utilisé comme animal de trait et comme monture. Cet usage a plus tard été interdit en Russie, car des malfaiteurs montant des élans distançaient les chevaux de la police. L'élan a aussi servi à tirer de lourdes charges sur des terrains difficiles où le cheval s'enfonçait. Il a été domestiqué, mais non élevé en troupeau.
En Europe centrale, l’élan aurait survécu à la chasse jusqu’au XIVe siècle en Bohème, jusqu'au XVIe siècle en Mecklembourg, jusqu’en 1760 en Galicie et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle en Hongrie[2].
En Europe, l'élan a failli disparaître alors qu'il était largement présent durant la Préhistoire. Depuis que sa chasse est mieux contrôlée, et que des programmes de réintroduction et de protection lui ont été consacrés, des populations se sont localement reconstituées dans certaines régions russes au cours du XXe siècle.
Des populations se sont récemment reconstituées en Sibérie à l’Est de la Lena. Il n'en restait presque plus en 1974 ; on en compte 22 000 à 24 000 qui profitent des immenses zones humides.
En France, une réintroduction est envisagée, pour la gestion des zones humides.
L'élan nécessite un territoire assez vaste. Le maintien dans un enclos où il est nourri augmente le risque de parasitisme lié à la promiscuité et cause une croissance anormale des sabots qui s'usent moins quand il se déplace peu. Il apprécie les forêts très humides et ouvertes, riches en végétation arbustive.
L'élan est un animal indépendant et solitaire en été, qui ne vit en couple qu'au moment du rut (mi-septembre à mi-octobre). Les mâles ne forment pas de harems. Il peut toutefois former des groupes en hiver. Timide dans les zones où il est souvent dérangé ou chassé, il peut être curieux dans les zones de calme, tout en restant éloigné de l'Homme. Certains individus n'hésitent pas à visiter quelques zones rurales (pâtures, champs de céréales) ou urbaines, voire des aéroports ou jardins périurbains.
Comme presque tous les animaux, il peut être agressif au moment du rut pour les mâles et durant l'élevage des petits pour les femelles qui ne laissent personne approcher leur petit à moins de 25-30 m. De même lorsqu'il est blessé ou acculé sans possibilité de fuite.
L'élan peut parcourir des distances importantes et traverser des bras de fleuves à la nage. Souvent en été, agressé par les mouches et les taons, il s'immerge dans l'eau afin de se débarrasser de ses hôtes encombrants.
Il se nourrit essentiellement d'herbe, de plantes aquatiques qu'il peut brouter la tête entièrement immergée sous l'eau (il reste parfois une minute en plongée), de feuillage, de branches et d'écorce et d'autres végétaux. Il consomme accessoirement des champignons, des mousses et des lichens.
Il se nourrit plus facilement sur les buissons et jeunes arbres qu'en forêt où les arbres sont trop hauts pour que les feuilles lui soient accessibles. La présence de castors qui recèpent les arbres sur les berges lui est favorable.
Les élans vivent dans les forêts boréales et les forêts mixtes de feuillus de l'hémisphère nord, sous des climats tempérés à subarctiques.
En Amérique du Nord, leur aire de répartition comprend tout le Canada et l'Alaska, une grande partie de la Nouvelle-Angleterre, et le nord des Montagnes rocheuses. Après leur introduction sur Terre-Neuve au début du XXe siècle, ils sont maintenant l'ongulé dominant du territoire.
En Europe, il vit principalement dans la péninsule scandinave, qui compte aujourd'hui 200 000 têtes environ, et en Russie. Des populations vestigiales demeurent dans plusieurs pays d'Europe où les élans étaient autrefois nombreux, dans les pays baltes, en Tchécoslovaquie, Pologne et Roumanie. Des élans erratiques ont été signalés en Allemagne du Nord jusqu’à la frontière des Pays-Bas, ainsi qu'en Hongrie.
En Asie, les élans se trouvent essentiellement en Sibérie, avec quelques groupes en Chine. De manière générale, l'aire de répartition des élans s'est rétrécie avec le temps.
Un projet de réintroduction est à l'étude en France, en Normandie, dans le Marais Vernier.
Ses bois sont larges et pour partie plats. Au mois de novembre, le cervidé perd sa parure. De longues pattes et un long cou lui permettent de brouter les ligneux, qui composent 50 % de son alimentation en été et 80 % en hiver, ainsi que de se déplacer facilement dans l'eau et dans les mégaphorbiaies en enjambant troncs renversés et ronciers. Ses sabots élargis et palmés lui permettent de nager dans le courant et de ne pas s'enfoncer dans les sols mous (vase, neige, tourbières à sphaignes).
La longueur inhabituelle de ses pattes donne à l'élan une démarche particulière. Le pas habituel de l'élan est un trot qui paraît mal assuré, mais il est capable de galoper et d'atteindre une vitesse de 55 km/h.
Le museau est long et poilu à l'exception d'une petite zone triangulaire sous les narines. Le mâle possède une poche poilue sous le cou, appelée « cloche ». L'élan a un cou assez court qui l'empêche de paître ; il se nourri principalement de jeunes branches, pousses et de feuilles de saule ou de bouleau, de plantes aquatiques, ainsi que d'écorces d'arbre et de cônes en hiver. On rencontre le plus souvent ce ruminant dans les zones humides et marécageuses près des rivières. Comme une chèvre, il peut se dresser sur ses pattes postérieures et en tendant le cou brouter dans les branches jusqu'à près de 3 mètres de hauteur.
Sa denture ressemble à celle d'autres ruminants tels que les chevreuils, les vaches, les moutons ou les chèvres. De chaque côté de la mâchoire inférieure se trouvent trois molaires, trois prémolaires et quatre dents de devant, dont l'une est une canine transformée. La mâchoire supérieure ne contient pas de dents de devant, mais comporte une plaque en corne contre laquelle l'élan mâche sa nourriture.
Comme d'autres cervidés, il apprécie et recherche les sels minéraux, peut être pour compenser ses besoins lors de la croissance annuelle des bois (jusqu’à 15-20 kg pour les ramures les plus spectaculaires).
Les mâles peuvent peser plus de 550 kg, et les femelles peuvent atteindre 400 kg. Les petits pèsent environ 15 kg à la naissance mais grandissent rapidement. La hauteur à l'épaule peut dépasser deux mètres. Seuls les mâles possèdent des bois, qui peuvent dépasser 1,60 m de largeur et 20 kg ; ils sont larges et plats avec de petites pointes. Un élan découvert en Alaska en 1897 détient le record du plus grand cervidé connu : ce mâle atteignait 2,34 m à l'épaule, pour 816 kg. L'envergure de sa ramure était de 1,99 m. L'adulte perd 15 à 17 % de son poids vif chaque hiver, voire plus lors d'hivers difficiles. |