descriptionL'Ouistiti pygmée (Cebuella pygmaea ou Callithrix pygmaea), parfois appelé Ouistiti mignon, est une espèce de primate de la famille des Callitrichidae.
Le genre Cebuella, représenté par le seul ouistiti pygmée (C. pygmaea), s’est séparé des autres ouistitis amazoniens en franchissant le puissant Rio Madeira et se rencontre aujourd’hui dans toute la haute Amazonie en compagnie des tamarins. Aucun autre ouistiti ne n’est répandu à l’ouest du Rio Madeira. L’ouistiti pygmée est l’espèce qui a poussé le plus loin le processus de nanisation enclenché depuis des millions d’années par les ouistitis-tamarins sud-américains. Le deuxième plus petit primate de la planète (après le microcèbe pygmée) ne mesure qu’une douzaine de centimètres. Du fait de sa taille microscopique, l’ouistiti pygmée a plus de prédateurs potentiels que les autres singes. Les oiseaux de proie constituent une menace constante. Il balaie l’horizon en tournant sa tête sur 180°. Pour éviter de se faire repérer, il arbore une robe cryptique, au-dessus fauve brunâtre mêlé de noir grisâtre. Son mode de déplacement est aussi très spécial : à l’arrêt, il est pratiquement indétectable. Aussi, quand il avance, il le fait parfois avec une très grande lenteur, à la façon d’un paresseux ou d’un caméléon. Ce poids plume peut s’agripper à une tige sans la faire ployer. Mais sa stratégie principale reste celle de la sauterelle : la séquence jaillissement-immobilité. Il peut faire des bonds de 4m ! L’ouistiti pygmée se déplace en sautant en position verticale le long des troncs plus souvent que tout autre singe. Comme l’écureuil, il grimpe en spirale autour des arbres et se cache derrière les troncs, si vite que l’œil humain a du mal à le suivre. Après avoir alterné une série de sprints et de sauts déconcertants, l’ouistiti s’immobilise au sol où sa tenue de camouflage le protège, ou bien se cache derrière une branche.
La femelle est légèrement plus grande que le mâle. La fourrure est fine, douce et dense. Dessus agouti (grisâtre à brun fauve). Dessous (ventre et poitrine) orangeâtre, ochracé ou fauve chez l’ouistiti pygmée du nord, blanchâtre chez l’ouistiti pygmée du sud. Pieds et mains jaunâtres ou orangeâtres. Queue imperceptiblement annelée de noir. Tête et poitrine couvertes de longues touffes de poils formant crinière. Face brun sombre éclairée de gris blanchâtre au-dessus de la commissure des lèvres et d’une raie nasale verticale blanchâtre à chamois, marques qui amplifient la perception des expressions faciales et des mouvements de la tête durant la communication visuelle. Il est quasiment impossible de distinguer le mâle de la femelle sauf au niveau de l’aire génitale, le scrotum des mâles étant fortement tacheté de noir. La zone anogénitale, chez les deux sexes, est complètement entourée d’épais poils noirs qui augmentent l’effet visuel lors des démonstrations à caractère sexuel. L’ouistiti pygmée du sud a le scrotum marqué de points noirs, pas l’ouistiti pygmée du nord. L’ouistiti pygmée diffère physiquement des ouistitis Callithrix et Mico par une plus petite taille, un pelage agouti strié de bandes, il s’en distingue aussi au niveau des organes génitaux mâles (scrotum sessile et hampe pénienne non épineuse) et de la denture (incisives et prémolaires inférieures). À la différence des autres ouistitis, l’ouistiti pygmée ne bouge pas la tête de droite à gauche, n’enroule pas sa queue entre ses jambes pendant le repos ou le sommeil, ne fait pas le gros dos pour montrer son hostilité, ne hérisse pas les poils de la couronne lorsqu’il a peur et ne consomme pas de fruits pulpeux. L’enfant acquiert le coloris facial propre à l’adulte vers 5 mois.
# Corps de 12 à 15 cm.
# Queue de 17 à 23cm.
# Poids 120-130g (de 85 à 160g).
# Cerveau : 4,2g (dont néocortex : 2,54cm3)
Longévité : Jusqu’à 18 ans en captivité
Gommivore-insectivore-frugivore. Passe jusqu’à 32% de son activité journalière (et 67% de son temps alimentaire) à racler les troncs pour en prélever les sécrétions résineuses, ce qui fait de lui l’ouistiti le plus spécialisé dans la consommation de gomme. Il fait des incisions de 1 à 2cm qu’il visite quotidiennement et des chercheurs ont compté jusqu’à 1700 nouvelles incisions en six mois sur une aire donnée, ce qui profite au tamarin à selle (Saguinus fuscicollis). Au Pérou, l’ouistiti pygmée saigne l’écorce de près de 60 espèces de plantes appartenant essentiellement à quatre familles : anacardiacées, méliacées, légumineuses et vochysiacées. Il ponctionne les sapotiers chupachupa (Quararibea sp.), le pau-terra (Qualea sp.), le cèdre quaruba (Vochysia sp.) et le mombin jaune (Spondias mombin). Au sud de la Colombie, ses sources préférées sont les cèdres acajou (Cedrela sp.), les ingás (Inga sp.) dont il consomme aussi les fruits, les parkias (Parkia sp.), les clusias (Clusia sp.), le caballeros (Souroubea guianensis) et le figuier jípeo (Ficus hartwegii). Raffole aussi des arthropodes qu’il recherche dans la couronne des petits et moyens arbres ainsi que dans les enchevêtrements de lianes, toujours au-dessous de 20 m de hauteur. N’hésitera pas à s’aventurer dans un pâturage pour capturer des sauterelles. Parfois, grignote un fruit, lèche du nectar durant la saison sèche, croque un œuf d’oiseau ou s’attaque à un oisillon. En captivité, on a observé un spécimen chasser furtivement un oiseau, le tuer puis en consommer le cerveau riche en protéines.
En captivité, les copulations ne durent que 4 à 10 secondes mais le mâle se rattrape en toilettant longuement sa partenaire, parfois près d’une heure. La femelle met bas deux fois par an, pour la première fois autour de son 23ème mois. Elle connaît un second œstrus post-partum 3 secondes semaines après la mise bas. En Amazonie péruvienne, on enregistre deux pics de naissance, en mai-juin et entre octobre et janvier. Deux faux jumeaux naissent après 4-5 mois de gestation. Les naissances uniques représentent 30% des cas et les triplés sont très rares. Chaque bébé pèse 14 à 27 g à la naissance.
* Le nouveau-né est si minuscule qu’il faut une loupe pour distinguer ses doigts ! Un jeune spécimen est encore à peine plus grand qu’un gros criquet, l’un de ses futurs repas…
* C’est l’ours en peluche des jeunes Indiens, qui lui confient leurs secrets. Pour les adultes, juché sur le haut du crâne, c’est une formidable machine à enlever les poux !
* Chez cette espèce, l’unique femelle adulte du groupe domine tous les autres membres.
* Il vit le plus souvent en couple monogame. Parfois, il y a plusieurs mâles adultes au sein d’un groupe et, étant donné qu’ils tentent de s’accoupler, on pourrait penser que cette espèce pratique la polyandrie. Néanmoins, un mâle dominant monopolisant l’accès à la seule femelle, le système reproductif demeure fonctionnellement monogamique.
Reste assez commun car il n’est pas chassé (rien à manger) et s’adapte à l’agriculture. Se fait parfois prendre dans des pièges en bordure des plantations de bananes et de plantains, des délices auxquels il ne sait résister. S’apprivoise facilement.
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